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Le Spectromètre Imageur par Résonance
Magnétique du LMSGC, mis en service
en 1999, est un appareil de conception similaire
aux appareils médicaux, mais entièrement
dédié à l'étude
des matériaux et des problématiques
du génie civil, ce qui constitue
une situation tout à fait originale
en France. Il offre, sur certains échantillons,
un moyen de mesurer de manière non
perturbatrice des informations généralement
difficiles à obtenir via d'autres
méthodes (par exemple : répartition
d'un liquide dans un milieu poreux, champ
de vitesse dans un objet en déformation
ou un fluide en écoulement), jetant
ainsi sur certaines expériences 'traditionnelles'
un éclairage nouveau. Les caractéristiques
de l'IRM (diamètre d'ouverture de
40cm, volume de zone imagée de l'ordre
de 15x15x15cm3) rendent possible l'insertion
de dispositifs expérimentaux autour
des échantillons. Sa configuration
verticale lui donne caractère de
prototype, et autorise l'étude de
mouvements de chute et/où de phénomènes
pilotés par la gravité. Une
grande originalité de cet équipement
est qu'il est adossé à des
laboratoires utilisateurs, permettant ainsi
des collaborations suivies de projets de
recherche conduisant à de véritables
progrès reconnus par les communautés
scientifiques concernées.
Les mesures combinent spectroscopie RMN
et imagerie, et permettent de visualiser
la distribution spatiale de diverses propriétés
d'un matériau : densité de
liquide, vitesse de déplacement,
interactions des phases solide et liquide,
etc. Dans ce contexte les objectifs actuels
de l'IRM sont :
- l'étude des propriétés
des matériaux fluides complexes
en cours d'écoulement (notamment
boues de forage, boues naturelles, pâtes
de ciment, milieux granulaires, mousses,
émulsions, etc) ;
- - l'étude des phénomènes
de transport de liquide ou d'ions, de
changement de phase, ou de vieillissement
au sein des milieux poreux (bétons,
roches, sable, etc).
Comme pour l'ensemble des activités
du LMSGC, le domaine d'application privilégié
de ces recherches est le génie civil
et l'environnement sans toutefois écarter
l'étude de matériaux analogues
d'autres domaines (agro-alimentaires, cosmétiques)
pour lesquels une installation équivalente
n'existe pas en France.
Contrairement à l'imagerie médicale
les techniques expérimentales (séquences
IRM) et de traitement de données
adaptées aux matériaux hétérogènes
du génie civil ne sont pas standards
et leur mise au point constitue un travail
de recherche en soi. L'axe de recherches
IRM doit donc mener un double travail (i)
d'application de la technique, voire de
" prestation de service ", en
réalisant des campagnes de mesures
pour des acteurs internes ou externes au
laboratoire, et (ii) de recherche en IRM,
qui a pour but de développer les
méthodologies nécessaires
à l'utilisation de l'appareil pour
l'étude de matériaux hétérogènes,
granulaires ou poreux. Dans certains cas
il est difficile de séparer la part
du temps consacrée à des développements
de celle consacrée aux applications,
car celles-ci contribuent à orienter
et inspirer les développements.
Dans les années à venir
l'activité IRM se développera
selon trois axes principaux :
1) La rhéologie des matériaux
fluides (liquides, pâtes ou granulaires),
activité associée à
celle de l'axe " Rhéophysique
" du LMSGC, d'ores et déjà
très avancée grâce à
construction d'un rhéomètre
insérable dans l'IRM. L'intérêt
de l'IRM est de permettre une étude
locale du comportement des matériaux
pâteux essentielle pour aller au-delà
des études macroscopiques habituelles
qui peuvent s'avérer insuffisantes.
Cette activité a contribué
à l'obtention de plusieurs contrats
et a permis la découverte de nombreux
phénomènes. Elle peut désormais
s'appuyer sur des protocoles " standards
" de rhéométrie par IRM
des matériaux pâteux ou granulaires.
Diverses applications nouvelles sont envisagées
pour les prochaines années (cf. Axe
rhéophysique). Elles pourront bénéficier
de nombreux progrès (développements)
encore attendus dans ce domaine :
- mesure précise des champs de
vitesse sur des temps courts, pour étudier
plus finement la transition solide-liquide,
ou pour observer les déformations
de matériaux pâteux en cours
d'extrusion ou d'écrasement ;
- observation couplée du champ
de vitesse et de la distribution de densité
pour les pâtes granulaires en écoulement
- compréhension des phénomènes
d'interface (glissement, localisation
ou interaction du fluide avec la paroi)
- interprétation des temps de
relaxation des pâtes et lien avec
la thixotropie
2) L'étude des évolutions
(transport, changement de phase, etc) des
liquides dans les matériaux solides
poreux (sols, roches, ciments, bétons).
Ce domaine englobe tout autant les phénomènes
de transport et de transition de phase (imbibition,
séchage, drainage, transport de sels
dissous
), que l'étude des matériaux
eux-mêmes (caractérisation
du réseau poreux, évolution
de ce réseau sous l'action de divers
facteurs), le fluide étant alors
utilisé comme sonde. Cette thématique
est vaste et pose de nombreux problèmes
techniques qui nécessitent un investissement
important en termes de développements
IRM. Les résultats obtenus concernent
essentiellement la caractérisation
de l'état hydrique de pâtes
de ciment (cycles imbibition-séchage,
évolution de la pâte en cours
de prise), avec des collaborations avec
l'axe " poreux " et l'université
d'Evry, et le drainage ou le séchage
au sein de colonnes poreuses modèles,
notamment au travers d'une collaboration
avec l'université de Marne la Vallée
portant sur la validation de modèles
de transport. Dans les années à
venir les principales applications concerneront
: (i) l'étude de la distribution
de liquide et l'interaction solide-liquide
au sein du béton au jeune âge,
avec pour objectif de mieux comprendre l'origine
des hétérogénéités
au sein du béton durci ou caractériser
sa texture, notamment en collaboration avec
l'axe " Poreux ", le Service PCM
du LCPC, et l'université d'Evry mentionnés
plus haut ; (ii) l'étude du transport
de sels dans les pierres de monuments en
collaboration avec l'équipe "
poreux " du LMSGC et le Laboratoire
de Recherches sur les Monuments Historiques
(Champs sur Marne).
De façon générale
un effort important de développement
sera mis en uvre pour aboutir à
une meilleure caractérisation quantitative
de la distribution de densité de
la phase liquide au sein des poreux et la
mise au point de mesures fournissant des
informations précises sur la présence
d'ions ou les interactions solide-liquide.
3) Un troisième axe de travail
verra le jour avec la mise en place d'un
appareil triaxial insérable dans
l'IRM. Cet appareil permettra d'étudier
l'évolution des propriétés
des matériaux poreux lors de sollicitations
mécaniques et les champs de déformation
de pâtes en cours d'extrusion. Des
applications principalement dans le domaine
de la micromécanique et de la rhéophysique
sont donc attendues. De nouveaux développements
techniques IRM devront alors permettre d'effectuer
les mesures adaptées à ces
nouvelles situations (notamment faibles
déformations).
Les résultats obtenus ces dernières
années peuvent être consultés
dans les rapports d'activité.
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