Adulées pour leurs propriétés thérapeutiques ou conspuées pour les ravages qu'elles peuvent causer sur les ouvrages et le sort des hommes, les argiles sont proches de nous dans de multiples domaines. Pour le géotechnicien, elles constituent un matériau énigmatique, synonyme de risque et d'incertitude. Un matériau qu'il faut décrire, analyser, décortiquer jusque dans ses moindres détails pour espérer le contenir. Un matériau pour lequel le terme "maîtrise" serait d'une prétention dangereuse.
Les recherches sur le comportement des argiles reposent entre autres sur des observations à l'échelle des particules. Aujourd'hui, l'outil le plus évolué et le plus adapté pour visualiser la structure microscopique de ces sols est le microscope électronique à balayage environnemental, développé dans le courant des années 90. Dans ce microscope, l'humidité relative autour de l'échantillon observé peut être maîtrisée. Ainsi, plus besoin de faire sécher les échantillons avant observation et donc plus de risque de modifier leur microstructure. Mais surtout, cette technologie ouvre un nouveau champ de travail en permettant d'observer les argiles à l'échelle microscopique lorsque l'atmosphère autour du matériau s'humidifie, et le fait gonfler, ou s'assèche, et le fait se rétracter. Bref, une petite révolution et un espoir de mieux comprendre le comportement de ces matériaux.
Cette page présente quelques observations obtenues avec cet appareil, qui est maintenant au service des chercheurs du Laboratoire Central des Ponts et Chaussées (site de Paris).