Accueil du site > Sources d’information > hist_routes > La naissance des routes
Les transports de personnes et de marchandises sur de longues distances se sont d’abord effectués sur l’eau (rivières, lacs et mers). En effet ils n’exigent pas d’infrastructure tant que n’existent pas les ports. Ceux-ci apparaissent avec la sédentarisation et son organisation sociale (le premier port maritime semble avoir été établi à Amnisos sur la côte septentrionale de la Crète vers 1900 av. notre ère). Alors apparaît un caractère que l’on retrouve pour les transports routiers : la propriété des véhicules est souvent privée et les infrastructures sont, en général, propriété d’une collectivité.
Les équipements importants supposent un État puissant. C’est ainsi que le premier canal de navigation (à écluses1 entre le Nil et la mer Rouge) a été creusé sous Néchao II (609 - 594 av. notre ère) et le premier canal de jonction (entre le Fleuve Bleu et la rivière Haï) est réalisé au IV ème s. av. notre ère Les premiers empires se sont constitués autour de fleuves permettant une navigation aisée (Égypte, Mésopotamie). La roue inventée au III ème millénaire av. notre ère permet de construire des chars de combat et des chariots tirés par des hommes, des ânes ou des boufs. Pour certaines liaisons sans possibilité d’usage d’une voie d’eau, des chemins et des pistes sont complétés par des routes. À la fin du Moyen Empire (2160 - 1580 av. notre ère) des pharaons font aménager par la vallée de l’Ouadi Hamamat une route entre la vallée du Nil et la mer Rouge.
Bien que l’assèchement du Sahara date du III ème millénaire av. notre ère, au I er millénaire av. notre ère les Garamantes font circuler, de la Méditerranée au Niger par le Fezzan, des chariots tirés par quatre chevaux. Des bas-reliefs et des frises de briques émaillées du Second Empire assyrien (IXe siècle - VIIe siècle av. notre ère) montrent le génie qui ouvre des routes de montagne pour des campagnes militaires. En effet les techniques de terrassement sont très anciennes : dès l’âge de pierre, après le ramassage du silex sur le sol, ce matériau est extrait de puits et de galeries d’une dizaine de mètres creusés à partir d’affleurements. Vers 3000 av. notre ère, en Égypte, du cuivre est extrait de mines. L’invention du bronze (alliage de cuivre et d’étain) permet la fabrication d’outils plus efficaces. Au I er millénaire av. notre ère des outils de fer (attestés vers 3500 av. notre ère dans la dépression du Fayoum) remplacent ceux de bronze dans des aires civilisées, en Hallstadt vers 900 av. notre ère.
L’abattage est souvent effectué au feu : un bûcher embrasé fait éclater les roches. Cette méthode est employée par l’armée de Hannibal (247 - 183 av. notre ère) pour se frayer un passage lors du franchissement des Alpes en 218 av. notre ère Des routes servent à l’unité d’empires : routes royales dans l’Empire perse de Darius I er (552 - 486 av. notre ère) dont l’une va de Suse à Éphèse ; voies romaines qui ont été développées au fur et à mesure des conquêtes militaires depuis le IIIe siècle av. notre ère (quatre ans après la soumission des Boïens en 191 av. n. è. la Via Æmilia de deux cent cinquante kilomètres relie Rimini à Plaisance) ; routes munies de relais et de ponts en bois ou suspendus en tiges végétales en Chine sous les Qin (221 - 206 av. notre ère). Vers 130 av. notre ère, après la domestication du chameau, ces deux derniers ensembles sont connectés par voie terrestre. Ces routes de la soie n’étaient, en fait, que des tracés sur la majeure partie du trajet de deux mille kilomètres dont une bonne part dans des déserts où les ponts ne sont pas indispensables. Durant quinze siècles elles ont permis des échanges de connaissances et de biens matériels regardés comme précieux entre l’Extrême et le Moyen Orients ainsi que le développement de villes étapes comme Palmyre, Samarkand...