Accueil du site > Présentation > Moyens (humains, financiers > LCPC - Moyens remarquables - Imageur par résonance magnétique (...)
Imageur par résonance magnétique (IRM)
L’Imageur par Résonance Magnétique est le dernier en date des grands équipements du LCPC. Similaire aux IRM médicaux, il est l’un des rares appareils au monde entièrement dédiés à des recherches sur les matériaux (principalement dans le domaine du génie civil). Il permet de visualiser dans l’espace, de manière non destructive et non intrusive, une grande variété d’informations physiques (teneur en eau, vitesse de déplacement, temps de relaxation du signal RMN, diffusion moléculaire, transitions de phases,...) sur des systèmes très divers (suspensions argileuses, boues, milieux granulaires, ciments frais, ciments "pris", ?) fixes ou en mouvement (dans le cadre, par exemple d’études rhéologiques). Ses dimensions lui permettent de recevoir des dispositifs complets imager et donc étudier le comportement interne d’échantillons en cours de sollicitation.
L’imageur est installé à l’Institut francilien d’Ingénierie (IFI, Marne-la-Vallée)
L’aimant de l’imageur :
vue de dessous
Mise en place de la cuve
du rhéomètre dans l’imageur
(géométrie Couette)
Unité responsable de l’exploitation :
Laboratoire des matériaux et des structures du génie civil (UMR 113, LCPC-ENPC-CNRS)
Unités de recherche associées :
Divisions BCC et DDGC du LCPC
Secteur d’activité :
L’IRM travaille déjà sur tout un ensemble de matériaux pouvant à terme concerner les secteurs d’activité suivants du LCPC :
- Ouvrages d’art (bétons, ciments)
- Géotechnique (pâtes argileuses)
- Chaussées (bitumes, matériaux granulaires)
- Environnement et génie urbain (boues)
Contact :
- Laboratoire des
Matériaux et Structures du Génie civil
(LMSGC)
Un exemple d’application marquant :
Rhéométrie assistée par IRM
La rhéométrie, c’est-à-dire la détermination expérimentale du comportement des matériaux, est essentielle dans de nombreux domaines de la recherche et de l’industrie. La viscosité des fluides complexes, qui varie avec les conditions d’écoulement, est utilisée pour prédire les caractéristiques des écoulements lors de la fabrication ou la mise en ?uvre des matériaux, ou comme un paramètre reflétant les interactions physico-chimiques lors de la formulation des produits. Pour mesurer cette viscosité apparente on utilise la plupart du temps des rhéomètres fournissant des informations aux frontières du matériau, tel que l’effort appliqué ou la vitesse moyenne de l’écoulement induit.
En collaboration avec l’axe Rhéophysique des pâtes et des suspensions du LMSGC, l’axe IRM a développé un ensemble de techniques permettant une détermination « locale » du comportement des fluides complexes. Pour cela on couple IRM et rhéométrie : on détermine le champ de vitesse en tout point du fluide contenu dans un rhéomètre inséré dans l’IRM, pour le mettre en correspondance avec le champ de contrainte, ce qui fournit la loi de comportement locale du matériau. Le principe de base de cette technique avait déjà été utilisé, notamment en Nouvelle-Zélande et en Allemagne, mais après amélioration et systématisation des méthodes de mesure par RMN (résolution, temps de mesure) et d’analyse des profils de vitesse en termes rhéologiques, nous pouvons désormais étudier des matériaux pâteux (bétons, gels, émulsions, argiles, boues, etc).
Cette technique, couplée éventuellement à des mesures de densité dans l’espace, a l’avantage de fournir des informations certaines concernant divers phénomènes intervenant dans le comportement de ces matériaux (seuil, thixotropie, glissement aux parois, ségrégation, etc.). Ainsi nous avons d’ores et déjà pu montrer que la plupart des matériaux pâteux sont fondamentalement instables : en-dessous d’une contrainte critique ils s’arrêtent brutalement ; au-delà de cette contrainte ils s’écoulent rapidement. Nous avons également pu étudier les phénomènes transitoires observées au sein des pâtes lors de leur démarrage.
Ces recherches ont notamment été considérées comme l’un des deux faits marquants du Département Sciences pour l’Ingénieur en 2002.
Etude des matériaux cimentaires par IRM
La Résonance Magnétique Nucléaire (RMN) en renseignant sur la teneur en eau libre et sa localisation via des mesures par IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) mais également en informant sur « l’environnement » de l’eau et donc sur la structure/nature de l’échantillon via les mesures de relaxométrie en SRM (Spectroscopie par Résonance Magnétique), permet une approche originale de l’étude des phénomènes d’hydratation et de la structuration des matériaux cimentaires. Elle permet une étude des échantillons avant et après la prise. De plus, l’IRM est une technique non perturbatrice, et se prête parfaitement à la mise en place de suivi longitudinal d’échantillons.
La RMN permet donc de suivre un même échantillon au cours du temps et d’avoir une information sur la microstructure (une gamme de pores) et sa mise en place (figures 1 et 2) et la répartition de l’eau (figures 3 et 4), à travers le signal des protons de l’eau libre.L’étude des matériaux cimentaires par la SRM d’une part, et l’IRM d’autre part, ont déjà été réalisées ailleurs, mais l’originalité de notre approche présente est de combiner ces deux approches complémentaires et de travailler sur des échantillons de dimensions plus significatives. Pour validation, les résultats RMN sont actuellement confrontés aux méthodes habituellement utilisées : Perte au feu, etc ?
Ces travaux ont notamment porté au travers différentes collaborations, sur l’étude de la formulation avec l’influence d’adjuvant (SRM ? collaboration ERT45-EVRY), de la stabilité d’une formulation de BAN (IRM principalement ? projet RGCU), ainsi que sur l’étude de l’influence du séchage sur l’hydratation (IRM et SRM ? collaboration S Caré ? Axe poreux du LMSGC), pour ne citer que les plus importantes.
Références :

Image IRM réalisée avec la séquence Single Point Imaging 3D (SPI)

Bloc de béton à partir de ciment blanc, après séchage (à 40°C), puis après 10 jours d’imbibition. Les zones claires correspondent à la présence d’eau, les « taches » noires aux granulats.
Profil IRM réalisée avec la séquence Single Point Imaging 1D (SPI)
Champ magnétique
ajustable entre 0.5 et 2.4 Teslas, réglé actuellement à 0.5 T (20MHz en proton)
Tunnel
vertical, diamètre 40 cm
Radio Fréquence
Deux sondes proton : 20MHz et 100MHz, de type cage d’oiseau, (20cm de diamètre, hauteur, 30cm)
Temps de pulse pi/2 a 20MHz à pleine puissance : 100us
Détection
Fréquence d’échantillonnage max. : 1MHz
Gradients
Valeur max. : 5G/cm dans les trois directions
Zone de linéarité : sphère de diamètre 10cm
temps de montée : 200us / stabilisation : 300us
Année de mise en service : 1999
Pour en savoir plus :
- A propos des potentialités de l’IRM en rhéologie : Callaghan, " Rheo-NMR : nuclear magnetic resonance and the rheology of complex fluids ", Rep. Prog. Phys., 62 (1999) 599-670
- Contacter l’équipe
: LMSGC.resp@lcpc.fr