Introduction

Introduction

MAJ : 08/03/2010


Abrégé d’histoire des routes, par Jean Billard

   

Nous sommes habitués aux routes. Leur importance ne nous apparaît que par leur absence, soit qu’elles manquent pour accéder à un lieu (région exotique, montagne, monument... ) qui est alors qualifié d’inaccessible ; soit encore lorsqu’elles sont momentanément coupées (par un cataclysme, une grève, des barrages de protestataires... ). Pourtant ces voies de communication n’ont pas toujours existé. Exposer leur genèse est l’objet de ce texte.

La route n’est nécessaire que s’il y a des échanges. Inversement sa présence rend ces échanges possibles. L’histoire de la route est ainsi liée à celle des objets transportés, à la géographie, à la géologie, à la climatologie, aux types de véhicules qu’elle porte, aux modes concurrents, aux territoires, à l’organisation sociale, aux ressources disponibles et à la politique de la société. La route est partie d’un système technique : son tracé, sa construction, son entretien et son exploitation font appel à des considérations politiques, économiques et financières, à des connaissances et des techniques variées et variables au cours du développement des sociétés qui les créent et les utilisent. C’est pourquoi ce propos n’est pas strictement limité aux techniques routières malgré le faible nombre de pages accordé.

Mais ce texte n’a aucune prétention à l’exhaustivité. Outre les lacunes qui résultent de l’ignorance de l’auteur, bien des faits ne sont pas encore connus et les traces de combien d’autres ont irrémédiablement disparu ! D’où, d’une part, une place exagérée accordée aux routes de France et, d’autre part, comme pour nombre de sujets, les informations sont rares pour les périodes les plus anciennes ce qui conduit à des attributions d’espace très inégales aux diverses époques.

Ce sujet est limité à la Terre. En effet si des véhicules ont roulé sur la Lune et sur Mars ils l’ont fait comme des véhicules d’exploration : sans route. Ne seront pas abordés non plus des cas marginaux comme les routes submersibles, les circulations (de véhicules routiers et même ferroviaires) sur des eaux gelées. Ne sont considérées que les routes construites sur des terres émergées en permanence. De plus les îles, où aucune longue route ne peut être édifiée et où le cabotage est souvent un concurrent sérieux, ne sont mentionnées qu’exceptionnellement. Les innombrables campagnes militaires n’entraînent que rarement (sauf des terrassements en terrain difficile) des travaux routiers spécifiques. Toutefois la conquête implique souvent l’établissement de routes. Ces opérations ne figurent ici que pour leurs répercussions routières.

Quant à la forme, foin des anachronismes, les grandeurs sont exprimées en unités métriques et, même les dates de la période révolutionnaire sont données avec l’échelle conventionnelle. Il s’agit d’histoire des techniques : technique suppose des informations quantitatives mais il s’agit aussi d’histoire, et les formes de ce genre doivent être respectées. Enfin les références, qui auraient donné un tour plus pédant à cet essai, sont omises faute de place. Il en est, malheureusement, de même pour les tableaux et figures.

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